– littérature

Articles tagués “Aventure

Accueil – juin 2012

mai-juin 2012:

  Nouvelle édition de La lettre déchirée (éd. Flammarion jeunesse).

Nouvelle couverture, texte légèrement modifié: à (re)lire pour savoir, désormais, comment les autres enfants de la classe ont réagi en apprenant que Stéphane ne savait (toujours) pas lire, à 13 ans, en 6ème!

Illettrisme, secret, solitude et amitié…

6 juillet 2012, en l’arsenal de Rochefort: essais de mise à l’eau de la célèbre Hermione, reconstruite à l’identique!  Le chantier durait depuis 1997, initié par l’association L’Hermione-La Fayette. 7 septembre 2014: enfin, ça y est: L’Hermione quitte Rochefort.

Le site de  du chantier: c’est ici:

Quand la réalité rattrape la fiction, c’est très émouvant. J’ai reçu l’année dernière un mail d’une femme qui s’est présentée comme la descendante de Jean Bellenfant…. c’est-à-dire de mon personnage,  dont le nom m’avait été inspiré par une liste de marins ayant embarqué sur La Victoire. Un vrai mot, d’une femme réelle, dont l’ancêtre était mon petit mousse en papier encré!  C’était déjà troublant. Et voilà qu’à présent la frégate L’Hermione reprend le large…

J’aime tant imaginer qu’à son bord, le fantôme d’un gamin de quinze ans viendra, le nez au vent, respirer l’air de la liberté en glissant à Pierre, mousse comme lui et son complice : « Alors, ça y est, nous v’là embarqués de nouveau… ». Comme en ce 10 mars 1780, qui le vit s’embarquer auprès du jeune Marquis de La Fayette, colonel dans l’armée du roi de France et général-major dans celle des tout récents Etats-Unis d’Amérique.

Ella Balaert, Les voiles de la Liberté, éd. Gulf Stream


Ella Balaert, Le pain de la Liberté, présentation

Ella Balaert

 Le pain de la Liberté

 Editeur: Gulf Stream, 2010

 Collection: L’histoire comme un roman

170 pages

 ISBN : 978-2-35488-059-0

Résumé:

2ème volume du diptyque  sur la Liberté, après Les voiles de la Liberté, paru en 2009. Roman d’aventure sur fond d’une France où commence à gronder la Révolution française.1786. Une vie de servitude attend Alix, treize ans, domestique chez la riche famille Letournel, où règne une terrible gouvernante. Volontaire et dégourdie, elle fera tout pour échapper à ce pénible sort, car son rêve est de faire son apprentissage en boulangerie et fabriquer le pain. Accueillie à Bordeaux par son frère Jean (le héros des Voiles de la Liberté, qui a désormais vingt ans), elle y rencontre la misère, les injustices, l’esclavage. Les enfants des rues y survivent comme ils peuvent, entre rapines et petits travaux au jour le jour.

Heureusement, il y a l’amitié et la fraternité; les idées de Liberté et d’Egalité sont dans l’air du temps. On parle même d’un projet de Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne.  Reste qu’il n’est pas encore facile pour une fille, d’entrer en apprentissage!

Presse:

« Nous découvrons la vie dans ce grand port négrier [Bordeaux] où il est de bon ton d’avoir un domestique – esclave, noir- où les riches bourgeois transforment la ville en bâtissant les magnifiques hôtels particuliers… tandis que le petit peuple croule sous les impôts de toutes sortes et qu’une partie des opprimés est en train de s’organiser –ils formeront plus tard le groupe des Girondins- pour balayer le pouvoir royal. Alix n’est pas la dernière à protester : elle est à l’école de la féministe Olympe de Gouge et prêche l’égalité hommes-femmes et blancs-noirs. Un roman qui nous fait vivre les prémices de la Révolution de 1789. » Jean Bigot, Griffon, juin 2010

 « Au travers des yeux de la jeune héroïne, le lecteur découvre la vie quotidienne à Bordeaux à l’aube de la Révolution Française… Très bien rédigé, guidé par le suspense, ce récit évoque également la joie que procurent l’amitié et les liens de fratrie, et met en avant de belles valeurs telles que le courage, la liberté, l’honnêteté, la bonté et la joie de vivre. » VIC, Choisirun livre.com, juin 2010

 – « Le lecteur suit avec plaisir les aventures trépidantes [d’Alix] à Bordeaux, … elle rencontre une militante féministe, recueille un esclave évadé.(…) Propulsé par l’énergie de l’héroïne qui fait vivre la devise républicaine : « liberté, égalité, fraternité », le lecteur découvre les injustices qui ont pu provoquer la révolution et l’espoir engendré par un rêve de changement : « Ainsi, pensa Alix, ainsi elle ferait le pain. Elle travaillerait la pâte et la ferait lever, puis dorer, puis croustiller. Elle exercerait un métier. Le monde allait changer et elle n’aurait plus jamais faim ». Encres Vagabondes, Enora Bayec, (10/08/10)

2012: Edition engrands caractères dans la collection Encre Bleue/ Largevision

Printemps 2015: Atelier d’écriture en classe de 4è au collège de Fumel, dans la classe de Cécile Bagnara: les jeunes ont  écrit un chapitre supplémentaire au roman, l’ont illustré avec des fiches sur la faune et la flore locales et des travaux en arts plastiques! Et voici le magnifique résultat (cliquer pour télécharger en PDF)

Un chapitre supplémentaire au Pain de la Liberté

« Ce chapitre écrit par les élèves de 4ème A du collège Jean Monnet, s’insère entre le chapitre 13 et le chapitre 14 du livre Le pain de la liberté : Alix se cache des Letournel, ses anciens maîtres qui la recherchent après qu’elle se soit enfuie  et Toussaint se terre pour ne pas retourner à l’esclavage. Après une discussion le soir, chez Jean,  Joseph décide de les éloigner tous les deux de Bordeaux pour quelques jours afin de prendre le temps de trouver une solution pour chacun.

Chapitre supplémentaire Pain de la LibertéChapitre supplémentaire Pain de la Liberté2

Chapitre supplémentaire Pain de la Liberté3Chapitre supplémentaire4

Chapitre supplémentaire Pain de la Liberté6

Chapitre supplémentaire Pain de la Liberté7

Chapitre supplémentaire Pain de la Liberté8

 Chapitre supplémentaire Pain de la Liberté9

Chapitre supplémentaire Pain de la Liberté10

 Les auteurs

Nicolas Bonis, Clément Bonnifon, Luna Boudet, Morgane Curros, Linda Depucelle, Laura Estrade, Dylan Fabre, Sarah  Leroux, Irvine Mammoudi , Nicolas Miran, Rémi Neiva, Billy  Picque,  Dylan Rouch, Sandra Vaugon

L’équipe pédagogique: Cécile  Bagnara, professeur de français, M. Lot, professeur de SVT, Mme. Vaurabourg, Mme. Jean-Feidt, professeur documentaliste, Mme Berthelot, professeur d’arts plastiques, Mme Déchaud, directrice de la SEGPA, a coordonné l’action des intervenants et des professeurs.Les élèves de la classe de 4A tiennent à remercier Ella Balaert, auteur du pain de la liberté et des voiles de la liberté, pour ses précieux conseils, son écoute et sa bienveillance.

Ce projet n’aurait pu voir le jour sans le dispositif « des rives et des voix » initié par la bibliothèque départementale 47 et la direction des services départementaux de l’Education Nationale.

Merci à Martine Faïn des éditions ARPHIVOLIS pour son intervention en classe autour du thème de la fabrication du livre.

Merci à l’association CEDP 47 pour son intervention autour de la lecture de paysage.

 

Extraits du roman d’E.Balaert:

« Alix ne savait pas encore s’opposer à cette femme qu’elle devait appeler mère sous prétexte qu’elle n’en avait jamais connu  d’autre. Pourtant, elle en avait assez de faire le ménage et le jardin  pour elle, depuis… oh, longtemps, Alix ne savait pas trop compter sur ses doigts, mais depuis plusieurs étés, c’est sûr. Alors un jour, elle saurait lui dire non, taper du pied, refuser de laver le sol, de porter les bassines d’eau, les fagots et les ballots de draps pour les laver à la rivière. Ceux-là, tout secs à l’aller, ils n’étaient déjà pas légers, mais alors au retour, gorgés d’eau comme ils étaient, c’est à peine si elle pouvait les soulever. Ça oui, un jour, un beau jour, de belle lumière sur le fleuve, elle aussi saurait résister à la tyrannie, il suffisait de s’entraîner, se disait-elle en raclant le sol de ses sabots et se répétant dans sa tête au rythme de ses pas, non, non et triple non…

– Qu’est-ce que tu marmonnes, ma fille, au lieu d’avancer ? Dépêche-toi, tu veux ?

– Oui oui, mère, j’arrive, répondit Alix en se hâtant.

Et voilà. Elle voulait dire non, et c’était oui, un oui servile, qui sortait ! Allons, le grand jour de son émancipation n’était pas encore arrivé. Alix ravala ses mots, sa colère et rejoignit sa belle-mère en soulevant des nuages de terre sèche sous ses pas.

– T’avise pas de salir ton jupon avec toute cette poussière ! Tu fais déjà bien assez paysanne comme ça. Le premier jour ! Tâche de faire bonne impression! T’as bien pris ton tablier? Et ton manteau,  tu penseras à le mettre pour sortir, cet hiver, hein ? »

(…) 

« – Vite, par ici !

Jacques la tira par la manche de son manteau. Alix le suivit dans une rue étroite, puis dans une autre, et encore une autre, qui débouchait sur une grande artère toute neuve. Essoufflée, elle s’arrêta à l’entrée d’une vaste cour pavée dont la porte était restée ouverte. Deux chevaux, attelés à une voiture rutilante,  piaffaient d’impatience.

– Ne restons pas là, lui conseilla Jacques. C’est l’hôtel particulier d’un jurat de la ville ! S’il nous attrape, malheur à nous !

– Attends, souffla Alix en le retenant.

Elle s’enfonça dans l’ombre du porche, afin qu’on ne pût les voir, ni de la rue, ni de la cour.

– C’est pas après moi qu’ils en ont. Ce qu’ils veulent, c’est ça.

Elle sortit de son panier le torchon et le déroula juste ce qu’il fallait pour laisser entrevoir la tranche du cahier noir.

– C’est des malhonnêtetés, qu’il y a d’écrit là-dedans.  Je crois, parce que moi, je ne sais pas lire. C’est pour ça que je voudrais le porter au docteur Malville. Il saura quoi en faire, lui.Jacques ne posa pas de question. Ni une, ni deux : d’une main leste, il attrapa le paquet et le fourra à l’intérieur de sa chemise. Puis il ramassa quelques gros cailloux qu’il mit à sa place, au fond du panier.

– T’as confiance en moi ? demanda-t-il en souriant.

Alix hésita à peine. Au fond, que savait-elle de ce garçon ? Rien. Tout, pourtant, la poussait à s’en remettre à lui.

– Ben… Oui, répondit-elle.

– T’as tort. Faut croire en personne. Et surtout pas dans les gens que tu connais pas…

(…)

« Manon expliqua à Alix que Susan avait entrepris en France un grand voyage qui passerait par Paris mais commençait par Bordeaux, cette région dont Jean lui avait si souvent parlé. Il y avait tant à apprendre, en France ! Des Anglais, des Allemands venaient y observer les mœurs des Français.

– Et des françaises !  ajouta Manon en plissant les yeux.

– Oh yes ! Vous françaises être si fortes, s’exclama Susan. Vous tout réussir en même temps. Faire les enfants, le ménage, les repas délicieux et aussi la révolution, c’être extraordinaire ! Avec toujours si grande élégance dans le look…

Alix jeta un œil sceptique à son vieux jupon de toile, propre certes, mais tout raccommodé. Ces mots  la firent aussi penser au ruban de Jacques. Elle le sortit aussitôt et le noua dans ses cheveux d’un air satisfait. Manon rigola.

– J’ai fait notre publicité, comme tu vois. J’ai parlé de ces femmes de la haute, qui tiennent salon à Paris et ailleurs, et où l’on vient discuter des dernières idées à la mode. Dame, c’est qu’elles ont une tête aussi, les femmes, et elles savent s’en servir ! Tiens, tu sais qu’on est tombées d’accord sur bien des points, Susan et moi. Un, il faut déclarer l’égalité politique et civile des hommes et des femmes.

– Yes, bravo ! approuva joyeusement Susan, ce qui fit sourire Jean.

– Deux, poursuivit Manon, il faut que les filles aient droit à l’éducation. Pas seulement apprendre à cuisiner et broder. Mais lire, écrire, compter, apprendre un vrai métier.

Cette fois, ce fut Alix qui approuva bruyamment. Si elle avait pu aller à l’école et recevoir de l’instruction, elle n’en serait pas là, aujourd’hui !

– Et trois, continua Manon d’une voix plus sourde, chargée de rage contenue, il faut soutenir les demoiselles trompées, les mères célibataires qui n’ont même pas le moyen de  faire savoir qui est le père de leurs enfants.

Jean prit la parole à son tour :

– Voici un programme bien généreux ! »


Ella Balaert, Mary pirate, présentation

   Ella Balaert

Mary pirate, roman

Poche: 123 pages

Editeur : Zulma 2001, Zulma poche 2004

ISBN-10: 2843042747 

Résumé : Roman d’aventure et récit d’une quête identitaire. Ce texte raconte la vie de Mary Read, flibustière, qui  vécut au début du XVIIIe siècle. Contrainte par sa mère à endosser l’identité et l’apparence d’un frère mort à sa propre naissance, Mary grandit masquée, agit en garçon, s’engage dans l’armée et combat comme un homme. Puis c’est le départ vers l’Amérique. Et la rencontre, en plein océan, avec les pirates. Mary Read ou comment, d’un destin imposé, faire une route vers la Liberté.

Prix de Picardie, Prix des lycéens du Grésivaudan

Bande annonce du spectacle Mary pirate, adapté du roman par la Cie des pieds bleus (Figeac, 46)https://www.youtube.com/watch?v=du-sHdyhJDgimage teaser MPirate

contact:  cielespiedsbleus@gmail.com

Adaptation et Jeu: Hélène Poussin

Mise en Scène: Pierre Sarzacq

Création lumière et Scénographie: Cyrille Guillochon

Costumes : Béatrice Laisné, construction des décors: Fanny Mas

Presse:

Dans un style nerveux et élégant, Ella Balaert trace le portrait de ce « garçon manqué dont on fit une fille guère mieux réussie » tout en menant, en creux, une réflexion pleine de finesse sur le thème du double et de la quête d’identité : Carole Vantroys, Lire, sept 2001

–  Mary pirate est un premier roman extrêmement bien écrit. Pour un peu, on se croirait chez Faulkner. Jetez-vous sans hésitation sur ce court récit:  Delphine de Malherbe, Elle, sept 2001 .

– Roman original  qui mêle avec truculence les aventures en mer et une réflexion sur l’usurpation d’identité…: Elle, mai 2004

Mary Read est une femme incroyable…l’auteur nous fait pénétrer dans l’intimité de ce personnage qu’elle s’est approprié…: Femme actuelle, mai 2004

– …roman subtil, qui explore les rivages de la femme en ces temps où il fallait se déguiser en homme pour avoir le droit d’être libre…: lelitteraire.com, avril 2004

– …premier roman d’Ella Balaert qui, sur le thème du double et de l’identité, restitue quelques uns des moments de la vie d’une authentique flibustière du XVIIIème siècle : Le monde des livres, avril 2004

On se laisse aussi emporter par une langue d’une violente délicatesse. Mary pirate est un voyage flamboyant dans un univers insolite et méconnu, et certainement le roman le plus chavirant de cette rentrée : Bernard Babkine, Avantages, nov  2001

– Ce roman réussit, en peu de mots, à créer un climat rare où les pires extravagances demeurent plausibles, réelles. Effet, sans doute, de l’étonnante maîtrise de l’écriture et de la composition romanesque:  Notes bibliographiques, nov 2001 

un texte qui tranche singulièrement … (Ella Balaert ) est parvenue avec un rare talent à faire coexister la profondeur sensible avec les mots et les images repris de l’aventure : Xavier Houssin, Point de vue, dec 2001 

Plus tourné vers l’imaginaire, Mary pirate, d’Ella Balaert (Zulma), est une étonnante reprise d’un mythe, modernisé par sa représentation féminine et surtout par une écriture (à l’opposé des reconstitutions historiques habituelles, linéaires et ampoulées) qui réussit à ménager le plaisir de cet univers particulier aux récits de mer:  Pascal Jourdana, l’humanité, oct 2001

Zulma…défend plus que jamais la jeune littérature, notamment avec le premier roman d’Ella Balaert : Olivier Le Naire, l’express, août 2001

Nul doute que cette belle et triste aventure de deux sœurs pirates au milieu d’un univers rude et sans pitié suscitera des échanges passionnés: Frédéric Garat, Phosphore, sept 2001 (« Auteur du mois »)

Dans un Mary pirate paru en 2001 aux éditions Zulma, la Française Ella Balaert faisait vivre l’aventurière de son titre avec une belle fougue sensible, tenant son récit dans le vent de rêves, passions, blessures de haute mer et de stricte intimité…avec une justesse de voix qui nous avait alors séduit….: Pascale Haubruge, Le Soir, 25 fev.2005. ..    roman chahuté par plus d’une tempête. Une épopée à suspense servie par une écriture sans cesse en mouvement. Une histoire qui interroge sans se bercer de théorie la nature féminine:  Pascale Haubruge, Le soir, sept 2001

phrases courtes et simples, sens du dramatique : Claude Aziza, Nouvelle revue pédagogique, mars 2002 

sujet judicieux, maturité de l’écriture, finesse descriptive : D.H. Le matricule des anges n°37

–  ce récit n’a rien à envier aux grands romans du XIX ème  siècle…style limpide : Jérôme Béglé, le figaro littéraire, nov 2001

formidable bouffée d’air pur : Claude Mourthé, magazine littéraire,  janvier 2002

c’est de la recherche de l’identité sexuelle que traite Ella Balaert dans sa belle histoire de pirates, Mary pirate : C.F. , Livres hebdo, juin 2001

le prix de l’originalité revient à Ella Balaert pour Mary pirate (Zulma), récit de la vie d’une femme pirate : Marianne Dubertret, La vie, sept 2001

il faut oser changer de genre. Ella Balaert, auteur de livres pour enfants et de recueils de nouvelles, embarque ses lecteurs dans un roman de cape et d’épée…avec ferveur, elle redonne vie à Mary : Chloé Radiguet, Côté femme, sept 2001 …fiction foisonnante …un talent que ne renierait pas Alexandre Dumas…: Côté femme, mai 2004

– Mary pirate, roman riche et original…plus qu’un récit de mer, ce roman est celui de la double identité et de la difficulté à vivre cette ambiguïté…:  Page des libraires : « coup de cœur »

–  (Mary et Anne) auraient pu être rivales, elles s’uniront pour être les premières femmes combattantes et libres au milieu des très rudes frères de la côte…:  Notre temps, nov 2001

Rapide, nerveux, enlevé, ce premier roman sort des sentiers battus de la mode… : Louise L. Lambrichs, Vient de paraître n° 7, dec. 2001 (Bulletin des Affaires étrangères)

nous retenons de ce roman une sensibilité particulière, une écriture personnelle et captivante : B Moreau, Axelle, oct 2001

roman intense et fiévreux:  Biba, dec 2001

très beau premier roman…texte d’une étonnante modernité: Justerini brooks, Untel, nov 2001

le premier roman d’Ella Balaert estunbijou aux facettes finement taillées qui marque …la naissance d’une vraie romancière…écriture à la fois très précise et belle : Jean-Louis Kuffer, 24 Heures, nov 2001 

formidable portrait de femme…style sobre et relevé…:  Têtu, dec 2001 

le style très vivant restitue la vérité d’une époque : Marie Kelly, Polystirène 

Ella Balaert signe avec ce récit biographique  plus rêvé que romancé un premier roman habile et hardi dans sa construction, aussi bref que dense  I. M-C, Sud ouest dimanche, nov 2001

Ella Balaert aborde aujourd’hui un style différent, tiré du monde de la flibuste, pour émouvoir les adultes : Michel Lalande, le courrier picard, 28 sept.2001

Ella Balaert travaille au pinceau impressionniste : par touches, effleurant les cris, les malheurs, les injustices, pour donner, au final, un très juste portrait d’une époque:  Jacques Lindecker, L’Alsace, oct 2001

des pages dures mais une écriture prenante….:  Guy Perraudeau, L’Echo de l’Ouest, oct 2001

Ella Balaert fait preuve d’une concision et d’une capacité de concentration sur son objet assez impressionnante. Nourri, calibré, Mary pirate rappelle ces nouvelles d’Hémingway…étude psychologique extrêmement convaincante… : Stéphane Malterre, urbuz.com, sep 2001

plume d’aujourd’hui infiniment moderne…romanesque à l’état pur… : Monique Neubourg, 25-35.com, sept 2001

grande réussite…texte bref et surprenant : Bernard Quiriny, chronicart.com, oct 2001

Avec beaucoup de brio, l’auteur nous plonge dans les mystères de la féminité, du double et de l’identité. Les décors et l’action reflètent parfaitement la signification d’une quête initiatique:   Marcel Cordier, L’Echo des Vosges, janvier 2005

Pour en savoir plus: 

  • Chronique audio par Josiane Chérieux de radio Zinzine, 19 juin 2004, (9’18’)
  • France Inter, Dépayages, émission de Philippe Bertrand (25 janvier 2002)
  • France 2: Un livre, émission de Monique Atlan ( 3 septembre 2002
  • Entretien avec Zulmazine:Trois questions à Ella Balaert, auteur de Mary pirate:

Z: La plupart des premiers romans sont à caractère autobiographique. Pas le vôtre. Pourquoi ?

EB:Beaucoup de livres parlent déjà de « moi ». Place aux autres, à l’aventure, à l’histoire rêvée, à l’imaginaire.

Z: Mary Read a semble-t-il existé. Pourquoi l’avoir choisie comme sujet d’un roman ?

EB:La première fois que j’ai rencontré Mary Read, c’était sous la plume de Borges, qui en faisait une figure de l’« infamie » universelle. Cela m’a plu. Femme infâme, très politiquement incorrecte, marginale – sous ses déguisements d’homme – au sein d’une société elle-même marginale – les pirates – je ne sais si heureuse ou désespérée de son sort, en tout cas très familière, d’emblée.

Z:Votre roman « historique » est-il une façon de mieux explorer l’évolution de l’univers féminin ?

EB: Roman historique ? Plutôt une « vie imaginaire », quelques moments d’un parcours que j’ai choisi d’organiser autour d’une quête d’identité : je ne vois pas en Mary une militante, une féministe, mais quelqu’un qui se débat dans une grande confusion d’identités et de sentiments. Pour soutirer quelques sous à une vieille femme, elle adopte, dès son enfance, une identité qui n’est pas la sienne mais celle de son frère mort ; elle revêt des habits qui ne sont pas de son sexe ; plus tard, toujours travestie, elle s’enrôle dans des sociétés viriles, l’armée, la piraterie, où elle n’a pas sa place. Voilà quelqu’un qui n’a pas lieu d’être, à tous les sens de l’expression. Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait partagé les aspirations utopiques des pirates, mais sa révolte est tripale, essentielle, plus absolue que la leur. Habitée par des fantômes, femme sans nom qui lui soit propre, elle n’a d’espace habitable nulle part, ni dans sa famille, ni dans aucun milieu (institution ou contre-institution), ni sur terre, ni sur mer. En cela, elle excède ce féminin qui, par tradition et d’aucuns disent par nature, se pose d’autant plus en un lieu que la femme est elle-même un espace de vie. Alors parlera-t-on d’évolution du féminin ? Je ne sais pas. L’éprouvant désir d’exister par soi traverse les âges. Il prend chez Mary la forme, peut-être moderne, en tout cas tragique, de l’ambivalence, elle y puise une énergie peu commune. Elle en vit, elle en tue, que ce soit au bout de sa rapière ou au fond de son ventre, elle en meurt.

  • Extraits:

« -Mary! Mary, où te caches-tu encore? Allez, sors de ton trou, j’ai quelque chose à t’annoncer.

Mary a quatre ans, des cheveux dans les yeux, un caleçon flottant et une blouse terreuse. Elle quitte l’arbre creux, son domaine. Le tronc est rongé à sa base, ce qui ménage une cavité, tapissée de mousses et de champignons,largement suffisante pour l’accueillir. Elle suit sa mère sur le chemin qui les ramène chez elles, traînant du sabot et tapant dans les cailloux du sentier.

– Nous allons quitter la campagne et vivre à Londres.  C’est une très grande ville, tu verras, avec des gens bien habillés, de belles maisons de bois. il y a même un fleuve et un pont, avec des boutiques. Je te promets que nous irons nous y promener. Alors,  tu es contente?

Mary ne sait pas. L’insistance de sa mère à la vouloir heureuse est suspecte. Cela doit cacher quelque chose.  – Seulement, poursuit sa mère. Il y a une condition.

Nous y voilà. Mary n’écoute plus. Elle pressent cela depuis longtemps déjà. Depuis que son frère est mort et que sa mère a commencé à les confondre. (…)  »

« – C’est pas un homme, mais c’est pas une femme non plus, votre Excellence, c’est une sorcière! Je l’ai vue soigner un moribond qui était atteint de la maladie des marais: elle lui a donné de l’écorce de cinchona qu’elle a préparée je ne sais trop comment, eh bien, il a guéri!

– C’est vrai, j’ai croisé son navire, un jour de tempête, elle était attachée à la proue, un fouet à la main pour dompter les éléments, quatre fois elle a chanté, alors les vents se sont noués en une grosse gerbe de feu et devant leur bateau, rien que pour eux, la mer s’est calmée.

– (…) je l’ai vue tirer sur ses propres compagnons qui ne voulaient plus se battre, comprenez, ils en avaient assez qu’elle en voulait encore ! (…)

– C’est une femme, votre Excellence, mais une femme sans honneur, sans éducation et sans morale. Une femme cruelle, qui vole par principe et qui tue par plaisir. Une femme qui fait honte à son sexe.

– Une anglaise qui fait honte à son Roi.

– Un monstre qui fait honte à l’humanité.

 » La pierre transpire, où Mary est allongée, malade, sur sa couche. Elle recueille une goutte qui perle au mur et la goûte: c’est un peu salé. Il y a si longtemps que Mary n’a pas pleuré, elle avait oublié le goût des larmes. C’est celui de la mer. L’eau de pierre est moins bonne que l’eau de feu, mais elle se laisse boire. Mary lèche le mur. Elle a froid et soif.  (…) Elle ne méritait pas de vivre. C’est le garçon qui devait vivre, son frère, c’est lui, pas elle, pas Mary, qui devait vivre et c’est lui qui vivra, elle le sent jour après jour qui grossit dans son ventre, qui bouge, qui tape, qui appelle, qui veut enfin sortir, après tant d’années de gestation, qui se révolte plus et mieux qu’elle ne s’est jamais révoltée, c’est lui qui vivra et elle, Mary, qui mourra, pas de la main d’un bourreau, pas de la justice des hommes, elle mourra de l’enfant qui veut naître et qui portera, enfin légitime, le prénom qu’elle a si longtemps usurpé. Qu’il reprenne ce nom: c’est elle qui ira s’étendre dans la boîte enterrée, non loin de Londres, au fond du champ de blé. »