– littérature

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S’il y avait, derrière une porte, toute la vérité sur vous, votre avenir, votre famille et le reste du monde, l’ouvririez-vous ?

Paru dans le recueil « Derrière la porte »: Petit roman familial  (nouvelle)
Editions Le Castor astral/Tu connais la nouvelletcn-derrière-la-porte-couv

existence !

A titre d’exemple, voici la réponse que la jeune Lucie confie à son journal intime, dans la dernière nouvelle d’Ella Balaert :

« J’ai un peu fouillé dans les affaires de maman. Je ne l’ai pas vraiment fait exprès, au début. C’est elle qui m’a demandé de lui apporter son téléphone. Elle était dans son bain, il était dans son sac. Comme je ne le trouvais pas, j’ai renversé tout le contenu du sac sur la table. Il y avait son poudrier, un stick pour les lèvres, ses clefs de voiture, un carnet, une lettre du téléphone, des tas de vieux tickets de caisse et de reçus de carte bleue… Et puis, il y avait une petite clef plate. Dès que je l’ai vue, j’ai deviné ce qu’elle ouvrait. Dans la chambre de maman, il y a un placard, avec la porte qui grince. Un jour, l’an dernier je crois, je lui…

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Accueil – juin 2012

mai-juin 2012:

  Nouvelle édition de La lettre déchirée (éd. Flammarion jeunesse).

Nouvelle couverture, texte légèrement modifié: à (re)lire pour savoir, désormais, comment les autres enfants de la classe ont réagi en apprenant que Stéphane ne savait (toujours) pas lire, à 13 ans, en 6ème!

Illettrisme, secret, solitude et amitié…

6 juillet 2012, en l’arsenal de Rochefort: essais de mise à l’eau de la célèbre Hermione, reconstruite à l’identique!  Le chantier durait depuis 1997, initié par l’association L’Hermione-La Fayette. 7 septembre 2014: enfin, ça y est: L’Hermione quitte Rochefort.

Le site de  du chantier: c’est ici:

Quand la réalité rattrape la fiction, c’est très émouvant. J’ai reçu l’année dernière un mail d’une femme qui s’est présentée comme la descendante de Jean Bellenfant…. c’est-à-dire de mon personnage,  dont le nom m’avait été inspiré par une liste de marins ayant embarqué sur La Victoire. Un vrai mot, d’une femme réelle, dont l’ancêtre était mon petit mousse en papier encré!  C’était déjà troublant. Et voilà qu’à présent la frégate L’Hermione reprend le large…

J’aime tant imaginer qu’à son bord, le fantôme d’un gamin de quinze ans viendra, le nez au vent, respirer l’air de la liberté en glissant à Pierre, mousse comme lui et son complice : « Alors, ça y est, nous v’là embarqués de nouveau… ». Comme en ce 10 mars 1780, qui le vit s’embarquer auprès du jeune Marquis de La Fayette, colonel dans l’armée du roi de France et général-major dans celle des tout récents Etats-Unis d’Amérique.

Ella Balaert, Les voiles de la Liberté, éd. Gulf Stream


Ella Balaert, La lettre déchirée, présentation

Rentrée 2012: La lettre déchirée (Flammarion) a été retenue par le Ministère de l’Education Nationale pour faire partie des « Lectures pour les collégiens »
Paru en 1997 pour la première édition (c’était mon premier livre publié, sélectionné pour le Prix Tam-Tam), régulièrement réédité depuis sous des couvertures différentes.

Ella Balaert, La lettre déchirée, roman, 120 pages, Flammarion Jeunesse,  2012

ISBN 978 2081267251

Recommandations de lectures de la DGESCO – Direction Générale de l’Enseignement Scolaire:

  •  » Auteur(s) : BALAERT Ella
  • Éditeur : Flammarion
  • Niveau de classe : 6e
  • Genre : récit – réaliste – apprentissage
  • Relation avec le programme : éducation
  • Mots-clés : solitude, famille, illettrisme

Présentation : Stéphane est un garçon de treize ans, fragile et secret, qui a réussi à cacher qu’il ne sait pas lire.

Pertinence et intérêt de la lecture : Drame intérieur d’un enfant solitaire confronté à l’illettrisme. Le sujet est grave, mais il est abordé avec pudeur et émotion et la fin apporte l’espoir. »

Voir la fiche de la DGESCO ici: http://eduscol.education.fr/cid83185/liste-litterature-pour-les-collegiens.html%20?mddtab=23251&page=2

Résumé:

Stéphane, 13 ans en collège, ne sait pas lire. Tout le monde l’ignore, même sa mère, absorbée par ses propres difficultés.

A l’école, puis au collège, il a toujours su, jusqu’à présent, donner le change et faire illusion. Il préfère passer pour un  jeune difficile, fainéant,  provocateur, qui refuse de travailler, plutôt qu’avouer ce dont il a honte. Lire a l’air si naturel aux autres! Pourquoi, lui, est-il différent, pourquoi n’y  parvient-il pas?  Quel est ce tabou qui l’a empêché d’apprendre ?

Mais un nouvel ami va rompre, avec ses questions,  l’équilibre chèrement acquis. Stéphane va devoir remonter à l’origine de ses difficultés.

Presse:

– 2016 : Merci aux lecteurs qui ont laissé leur avis sur Babélio https://www.babelio.com/livres/Balaert-La-lettre-dechiree/57659

« histoire très poignante d’un enfant qui arrive au collège en ayant réussi à cacher à tout le monde qu’il ne savait pas lire » Le parisien, 28 fev 98

« Cent vingt pages de plaisir !…De l’émotion, une fin heureuse, un texte vrai, authentique…ce petit roman fera également le bonheur des plus grands. » Nous voulons lire, n°121

« Parce que c’est profond, c’est dense, c’est intelligent, très intelligent, c’est magnifiquement écrit de petites phrases aux mots choisis sans jamais un vocable de trop ou de moins…Je ne puis m’empêcher de conseiller de lire ce petit livre toutes affaires cessantes.  Un petit bijou. » Griffon : avril 97

« Dans notre monde de mots, celui qui ne sait pas lire est confronté à un isolement d’autant plus impitoyable que les autres « lisent comme ils respirent »…Des phrases brèves à l’image du silence dans lequel Stéphane se mure…L’auteur décrit  (le problème) « de l’intérieur » avec beaucoupde finesse. Une lecture précieuse » L’école des parents, juillet 97

« Quant au drame intérieur de l’enfant illettré, il est remarquablement évoqué, bouleversant. Un roman-témoignage à lire à partir de 12 ans et par les adultes. » Livres Jeunes, juin 97

« Cent vingt pages pleines de pudeur et de sensibilité pour raconter la solitude d’un illettré dans le monde moderne ». Inter CDI, oct 97

« Drame de l’illettrisme…une vraie souffrance, bouleversante, et un témoignage passionnant sur un grave problème de société pour inciter à plus de compréhension. » Notes Bibliographiques

« ce roman plein de sensibilité aborde un sujet grave mais n’est pas pessimiste. ». Petit page des libraires: « coup de cœur »1997

« Cet adolescent est bien de son temps, avec ses doutes, ses rêves et ses contradictions. Ce petit roman grave est propre à intéresser et émouvoir des lecteurs à partir de 12 ans ». Citrouille

–  Ouvrage présenté sur Canal J (« Cajou ») les 20 novembre et 27 novembre 97.

 

– Des fiches pédagogiques sont proposées  sur le site pédagogique:  weblettres. net et des questions d’étude suivie sur le site de pemf.fr

Un dossier enseignant est disponible aussi sur le site de Flammarion http://www.enseignants-flammarion.fr/download.cfm?lib=albums&id=43204&filename=La%20lettre%20dechiree%20-%20Ella%20Balaert.pdf&docid=154963

– Une adaptation en lecture théâtralisée bibliotheatre LDBalaert, la lettre déchirée, par le bibliothéatre

en a été faite par le bibliothéâtre de St Barthélémy d’Anjou : spectacle avec deux comédiennes, Hélène Poussin (de la Compagnie Les pieds bleus à Figeac) et Céline Villalta, et un accordéon, à Loudéac en 2005. Contact: cielespiedsbleus@gmail.com

Rencontres scolaires:

les enseignant(e)s éventuellement intéressé(e)s peuvent me contacter (onglet « contact ») directement. Pour l es modalités, on peut consulter la page de la Charte des Auteurs ici: http://la-charte.fr/le-metier/rencontres/article/comment-inviter-un-chartiste.

– La Maison des Ecrivains et de la Littérature (MEL) propose aussi un Programme national unique de rencontres ponctuelles d’écrivains en milieu scolaire,  L’Ami littéraire, qui peut aider les structures d’accueil à financer les rencontres : Contact : Sophie Abellan ami.litteraire@maison-des-ecrivains.asso.fr

Merci

… à mes jeunes lecteurs pour tous ces magnifiques  dessins, mises en voix, en espace et même en boîtes…  que La lettre déchirée a eu le bonheur de leur inspirer ! Et merci à leurs professeurs et documentalistes qui ont organisé toutes ces très belles rencontres.

Extrait:

« – C’est cela, dit-il. C’est exactement cela.

– Comment? On se demande si ton comportement n’est pas celui d’un illettré, et toi, tu approuves? Sais-tu ce que c’est, au moins, un illettré?

Non, bien sûr, Stéphane ne sait pas. Il ne savait même pas comment le prononcer, ce mot bizarre. Et alors? Tout ce qu’il voit, c’est que, même s’il n’est pas agréable, même s’il ne fait pas plaisir à sa mère, ce mot lui fait du bien, à lui. Ce n’est pas un ennemi, finalement, car pour la première fois, Stéphane n’a plus le sentiment de se battre seul contre le monde entier.

– Cela signifie que ton professeur te prend pour un imbécile qui ne sait même pas lire. Est-ce que tu te rends compte de l’image que tu donnes? Même pas lire! A ton âge!

Nous y voilà. Stéphane ne baisse pas les yeux. Advienne que pourra.

– Il a raison, maman. Je ne sais pas lire. Je n’ai jamais su.

La gifle est partie toute seule. La mère et le fils, debout de part et d’autre de la table, se regardent sans rien dire. La mère n’est pas fière: elle n’a pas l’habitude de frapper son enfant ».


Ella Balaert, Mary pirate, présentation

   Ella Balaert

Mary pirate, roman

Poche: 123 pages

Editeur : Zulma 2001, Zulma poche 2004

ISBN-10: 2843042747 

Résumé : Roman d’aventure et récit d’une quête identitaire. Ce texte raconte la vie de Mary Read, flibustière, qui  vécut au début du XVIIIe siècle. Contrainte par sa mère à endosser l’identité et l’apparence d’un frère mort à sa propre naissance, Mary grandit masquée, agit en garçon, s’engage dans l’armée et combat comme un homme. Puis c’est le départ vers l’Amérique. Et la rencontre, en plein océan, avec les pirates. Mary Read ou comment, d’un destin imposé, faire une route vers la Liberté.

Prix de Picardie, Prix des lycéens du Grésivaudan

Bande annonce du spectacle Mary pirate, adapté du roman par la Cie des pieds bleus (Figeac, 46)https://www.youtube.com/watch?v=du-sHdyhJDgimage teaser MPirate

contact:  cielespiedsbleus@gmail.com

Adaptation et Jeu: Hélène Poussin

Mise en Scène: Pierre Sarzacq

Création lumière et Scénographie: Cyrille Guillochon

Costumes : Béatrice Laisné, construction des décors: Fanny Mas

Presse:

Dans un style nerveux et élégant, Ella Balaert trace le portrait de ce « garçon manqué dont on fit une fille guère mieux réussie » tout en menant, en creux, une réflexion pleine de finesse sur le thème du double et de la quête d’identité : Carole Vantroys, Lire, sept 2001

–  Mary pirate est un premier roman extrêmement bien écrit. Pour un peu, on se croirait chez Faulkner. Jetez-vous sans hésitation sur ce court récit:  Delphine de Malherbe, Elle, sept 2001 .

– Roman original  qui mêle avec truculence les aventures en mer et une réflexion sur l’usurpation d’identité…: Elle, mai 2004

Mary Read est une femme incroyable…l’auteur nous fait pénétrer dans l’intimité de ce personnage qu’elle s’est approprié…: Femme actuelle, mai 2004

– …roman subtil, qui explore les rivages de la femme en ces temps où il fallait se déguiser en homme pour avoir le droit d’être libre…: lelitteraire.com, avril 2004

– …premier roman d’Ella Balaert qui, sur le thème du double et de l’identité, restitue quelques uns des moments de la vie d’une authentique flibustière du XVIIIème siècle : Le monde des livres, avril 2004

On se laisse aussi emporter par une langue d’une violente délicatesse. Mary pirate est un voyage flamboyant dans un univers insolite et méconnu, et certainement le roman le plus chavirant de cette rentrée : Bernard Babkine, Avantages, nov  2001

– Ce roman réussit, en peu de mots, à créer un climat rare où les pires extravagances demeurent plausibles, réelles. Effet, sans doute, de l’étonnante maîtrise de l’écriture et de la composition romanesque:  Notes bibliographiques, nov 2001 

un texte qui tranche singulièrement … (Ella Balaert ) est parvenue avec un rare talent à faire coexister la profondeur sensible avec les mots et les images repris de l’aventure : Xavier Houssin, Point de vue, dec 2001 

Plus tourné vers l’imaginaire, Mary pirate, d’Ella Balaert (Zulma), est une étonnante reprise d’un mythe, modernisé par sa représentation féminine et surtout par une écriture (à l’opposé des reconstitutions historiques habituelles, linéaires et ampoulées) qui réussit à ménager le plaisir de cet univers particulier aux récits de mer:  Pascal Jourdana, l’humanité, oct 2001

Zulma…défend plus que jamais la jeune littérature, notamment avec le premier roman d’Ella Balaert : Olivier Le Naire, l’express, août 2001

Nul doute que cette belle et triste aventure de deux sœurs pirates au milieu d’un univers rude et sans pitié suscitera des échanges passionnés: Frédéric Garat, Phosphore, sept 2001 (« Auteur du mois »)

Dans un Mary pirate paru en 2001 aux éditions Zulma, la Française Ella Balaert faisait vivre l’aventurière de son titre avec une belle fougue sensible, tenant son récit dans le vent de rêves, passions, blessures de haute mer et de stricte intimité…avec une justesse de voix qui nous avait alors séduit….: Pascale Haubruge, Le Soir, 25 fev.2005. ..    roman chahuté par plus d’une tempête. Une épopée à suspense servie par une écriture sans cesse en mouvement. Une histoire qui interroge sans se bercer de théorie la nature féminine:  Pascale Haubruge, Le soir, sept 2001

phrases courtes et simples, sens du dramatique : Claude Aziza, Nouvelle revue pédagogique, mars 2002 

sujet judicieux, maturité de l’écriture, finesse descriptive : D.H. Le matricule des anges n°37

–  ce récit n’a rien à envier aux grands romans du XIX ème  siècle…style limpide : Jérôme Béglé, le figaro littéraire, nov 2001

formidable bouffée d’air pur : Claude Mourthé, magazine littéraire,  janvier 2002

c’est de la recherche de l’identité sexuelle que traite Ella Balaert dans sa belle histoire de pirates, Mary pirate : C.F. , Livres hebdo, juin 2001

le prix de l’originalité revient à Ella Balaert pour Mary pirate (Zulma), récit de la vie d’une femme pirate : Marianne Dubertret, La vie, sept 2001

il faut oser changer de genre. Ella Balaert, auteur de livres pour enfants et de recueils de nouvelles, embarque ses lecteurs dans un roman de cape et d’épée…avec ferveur, elle redonne vie à Mary : Chloé Radiguet, Côté femme, sept 2001 …fiction foisonnante …un talent que ne renierait pas Alexandre Dumas…: Côté femme, mai 2004

– Mary pirate, roman riche et original…plus qu’un récit de mer, ce roman est celui de la double identité et de la difficulté à vivre cette ambiguïté…:  Page des libraires : « coup de cœur »

–  (Mary et Anne) auraient pu être rivales, elles s’uniront pour être les premières femmes combattantes et libres au milieu des très rudes frères de la côte…:  Notre temps, nov 2001

Rapide, nerveux, enlevé, ce premier roman sort des sentiers battus de la mode… : Louise L. Lambrichs, Vient de paraître n° 7, dec. 2001 (Bulletin des Affaires étrangères)

nous retenons de ce roman une sensibilité particulière, une écriture personnelle et captivante : B Moreau, Axelle, oct 2001

roman intense et fiévreux:  Biba, dec 2001

très beau premier roman…texte d’une étonnante modernité: Justerini brooks, Untel, nov 2001

le premier roman d’Ella Balaert estunbijou aux facettes finement taillées qui marque …la naissance d’une vraie romancière…écriture à la fois très précise et belle : Jean-Louis Kuffer, 24 Heures, nov 2001 

formidable portrait de femme…style sobre et relevé…:  Têtu, dec 2001 

le style très vivant restitue la vérité d’une époque : Marie Kelly, Polystirène 

Ella Balaert signe avec ce récit biographique  plus rêvé que romancé un premier roman habile et hardi dans sa construction, aussi bref que dense  I. M-C, Sud ouest dimanche, nov 2001

Ella Balaert aborde aujourd’hui un style différent, tiré du monde de la flibuste, pour émouvoir les adultes : Michel Lalande, le courrier picard, 28 sept.2001

Ella Balaert travaille au pinceau impressionniste : par touches, effleurant les cris, les malheurs, les injustices, pour donner, au final, un très juste portrait d’une époque:  Jacques Lindecker, L’Alsace, oct 2001

des pages dures mais une écriture prenante….:  Guy Perraudeau, L’Echo de l’Ouest, oct 2001

Ella Balaert fait preuve d’une concision et d’une capacité de concentration sur son objet assez impressionnante. Nourri, calibré, Mary pirate rappelle ces nouvelles d’Hémingway…étude psychologique extrêmement convaincante… : Stéphane Malterre, urbuz.com, sep 2001

plume d’aujourd’hui infiniment moderne…romanesque à l’état pur… : Monique Neubourg, 25-35.com, sept 2001

grande réussite…texte bref et surprenant : Bernard Quiriny, chronicart.com, oct 2001

Avec beaucoup de brio, l’auteur nous plonge dans les mystères de la féminité, du double et de l’identité. Les décors et l’action reflètent parfaitement la signification d’une quête initiatique:   Marcel Cordier, L’Echo des Vosges, janvier 2005

Pour en savoir plus: 

  • Chronique audio par Josiane Chérieux de radio Zinzine, 19 juin 2004, (9’18’)
  • France Inter, Dépayages, émission de Philippe Bertrand (25 janvier 2002)
  • France 2: Un livre, émission de Monique Atlan ( 3 septembre 2002
  • Entretien avec Zulmazine:Trois questions à Ella Balaert, auteur de Mary pirate:

Z: La plupart des premiers romans sont à caractère autobiographique. Pas le vôtre. Pourquoi ?

EB:Beaucoup de livres parlent déjà de « moi ». Place aux autres, à l’aventure, à l’histoire rêvée, à l’imaginaire.

Z: Mary Read a semble-t-il existé. Pourquoi l’avoir choisie comme sujet d’un roman ?

EB:La première fois que j’ai rencontré Mary Read, c’était sous la plume de Borges, qui en faisait une figure de l’« infamie » universelle. Cela m’a plu. Femme infâme, très politiquement incorrecte, marginale – sous ses déguisements d’homme – au sein d’une société elle-même marginale – les pirates – je ne sais si heureuse ou désespérée de son sort, en tout cas très familière, d’emblée.

Z:Votre roman « historique » est-il une façon de mieux explorer l’évolution de l’univers féminin ?

EB: Roman historique ? Plutôt une « vie imaginaire », quelques moments d’un parcours que j’ai choisi d’organiser autour d’une quête d’identité : je ne vois pas en Mary une militante, une féministe, mais quelqu’un qui se débat dans une grande confusion d’identités et de sentiments. Pour soutirer quelques sous à une vieille femme, elle adopte, dès son enfance, une identité qui n’est pas la sienne mais celle de son frère mort ; elle revêt des habits qui ne sont pas de son sexe ; plus tard, toujours travestie, elle s’enrôle dans des sociétés viriles, l’armée, la piraterie, où elle n’a pas sa place. Voilà quelqu’un qui n’a pas lieu d’être, à tous les sens de l’expression. Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait partagé les aspirations utopiques des pirates, mais sa révolte est tripale, essentielle, plus absolue que la leur. Habitée par des fantômes, femme sans nom qui lui soit propre, elle n’a d’espace habitable nulle part, ni dans sa famille, ni dans aucun milieu (institution ou contre-institution), ni sur terre, ni sur mer. En cela, elle excède ce féminin qui, par tradition et d’aucuns disent par nature, se pose d’autant plus en un lieu que la femme est elle-même un espace de vie. Alors parlera-t-on d’évolution du féminin ? Je ne sais pas. L’éprouvant désir d’exister par soi traverse les âges. Il prend chez Mary la forme, peut-être moderne, en tout cas tragique, de l’ambivalence, elle y puise une énergie peu commune. Elle en vit, elle en tue, que ce soit au bout de sa rapière ou au fond de son ventre, elle en meurt.

  • Extraits:

« -Mary! Mary, où te caches-tu encore? Allez, sors de ton trou, j’ai quelque chose à t’annoncer.

Mary a quatre ans, des cheveux dans les yeux, un caleçon flottant et une blouse terreuse. Elle quitte l’arbre creux, son domaine. Le tronc est rongé à sa base, ce qui ménage une cavité, tapissée de mousses et de champignons,largement suffisante pour l’accueillir. Elle suit sa mère sur le chemin qui les ramène chez elles, traînant du sabot et tapant dans les cailloux du sentier.

– Nous allons quitter la campagne et vivre à Londres.  C’est une très grande ville, tu verras, avec des gens bien habillés, de belles maisons de bois. il y a même un fleuve et un pont, avec des boutiques. Je te promets que nous irons nous y promener. Alors,  tu es contente?

Mary ne sait pas. L’insistance de sa mère à la vouloir heureuse est suspecte. Cela doit cacher quelque chose.  – Seulement, poursuit sa mère. Il y a une condition.

Nous y voilà. Mary n’écoute plus. Elle pressent cela depuis longtemps déjà. Depuis que son frère est mort et que sa mère a commencé à les confondre. (…)  »

« – C’est pas un homme, mais c’est pas une femme non plus, votre Excellence, c’est une sorcière! Je l’ai vue soigner un moribond qui était atteint de la maladie des marais: elle lui a donné de l’écorce de cinchona qu’elle a préparée je ne sais trop comment, eh bien, il a guéri!

– C’est vrai, j’ai croisé son navire, un jour de tempête, elle était attachée à la proue, un fouet à la main pour dompter les éléments, quatre fois elle a chanté, alors les vents se sont noués en une grosse gerbe de feu et devant leur bateau, rien que pour eux, la mer s’est calmée.

– (…) je l’ai vue tirer sur ses propres compagnons qui ne voulaient plus se battre, comprenez, ils en avaient assez qu’elle en voulait encore ! (…)

– C’est une femme, votre Excellence, mais une femme sans honneur, sans éducation et sans morale. Une femme cruelle, qui vole par principe et qui tue par plaisir. Une femme qui fait honte à son sexe.

– Une anglaise qui fait honte à son Roi.

– Un monstre qui fait honte à l’humanité.

 » La pierre transpire, où Mary est allongée, malade, sur sa couche. Elle recueille une goutte qui perle au mur et la goûte: c’est un peu salé. Il y a si longtemps que Mary n’a pas pleuré, elle avait oublié le goût des larmes. C’est celui de la mer. L’eau de pierre est moins bonne que l’eau de feu, mais elle se laisse boire. Mary lèche le mur. Elle a froid et soif.  (…) Elle ne méritait pas de vivre. C’est le garçon qui devait vivre, son frère, c’est lui, pas elle, pas Mary, qui devait vivre et c’est lui qui vivra, elle le sent jour après jour qui grossit dans son ventre, qui bouge, qui tape, qui appelle, qui veut enfin sortir, après tant d’années de gestation, qui se révolte plus et mieux qu’elle ne s’est jamais révoltée, c’est lui qui vivra et elle, Mary, qui mourra, pas de la main d’un bourreau, pas de la justice des hommes, elle mourra de l’enfant qui veut naître et qui portera, enfin légitime, le prénom qu’elle a si longtemps usurpé. Qu’il reprenne ce nom: c’est elle qui ira s’étendre dans la boîte enterrée, non loin de Londres, au fond du champ de blé. »