– littérature

Articles tagués “Balaert

Fictions de rue (20) : Meute sentimentale

La manifestation commençait à 23 heures.

David de la Mano (2)

En tête avançaient les jeunes, en manteau noir et robe blanche, des racés, âpres au gain et joueurs. Pressés d’arriver, d’en découdre et de tailler dans le vif, ils fonçaient en cassant tout sur leur passage et en menant grand tapage. Derrière eux venaient leurs pères, non sans une certaine lenteur de molosses, déterminés et sérieux.

À quoi dut-il de savoir que les Anciens, eux aussi, étaient là ? Pas au bruit, car ils étaient silencieux. Mais ils poussaient tout le monde devant eux, du nez, du bec, d’une crosse, d’une pique ou d’une fourche. De tout ce qui, venu de loin, venu de jadis, venu de l’enfance, assaille et attaque.

Quand il se réveillait, il lui fallait de plus en plus de temps pour rendre à son chenil la meute de ses cauchemars. Un effet de l’âge, peut-être. Ou de son époque.

David de la Mano (1)

Paris – David de la Mano


Fictions de rue (16) : La Bête

Pantonio- Paris

Il ne l’a pas vue arriver. Elle a glissé dans l’entre-deux eaux de la houle humaine, la Bête. Elle a enfilé son costume d’algues et ondulé vers lui, qui ne se méfiait pas. Naïf, non. Mais indisponible. Les Bêtes, ça n’existe que dans les histoires pour gosses insomniaques. Il avait autre chose à faire qu’à s’en laisser conter. Il avait des affaires à chiffrer, des choses à vendre, des guerres à déclarer.

Depuis le matin, la Bête allait venait parmi les hommes. Elle glissait entre les doigts qui, parfois, tentaient de l’arrêter. Par les yeux, par les oreilles et par l’âme, elle pénétrait les corps indociles. Elle fit que tous, riches et pauvres etc, fussent marqués au cœur de son signe.

Au soir, lui seul elle n’avait pas visité. Il ne l’a pas sentie arriver. Quand elle fut en lui, il vit le monde avec ses yeux. Des bâtiments entiers avaient disparu. Des humains aussi. L’air ondoyait en légers remous, verts et tranquilles. Il lui sembla qu’il respirait mieux.

La Bête avait accompli son œuvre. Rien ne l’agaçait davantage que la Bêtise humaine.  A présent elle avait faim. Elle s’en retourna tout au fond des Abysses chercher de quoi se nourrir dans les histoires pour gosses insomniaques.

 

Paris – Pantonio


Fictions de rue (15) : Le silence d’une foule

Fictions de rue , Les-frigos, Paris-2016

 

Il marche dans le noir. S’y enfonce avec volupté, en déchire le voile de ses bras tendus.

Devant lui, derrière lui, le ciel au sable mêlé ou tout comme, l’horizon désert et doux au pied.

Il marche dans sa solitude, il y est chez lui, il y a son chez soi, sa voûte d’étoiles et son matelas de couleurs. Il y a sa place. Il y a son silence.

Du bout de l’orteil il signe son nom, la mer plus tard,  viendra le noyer.

Un courant d’air, une porte qui claque : il ouvre les yeux. Retour à la tour, dressée comme une nef  et comme elle étoilée. Un nouveau venu glisse vers lui. Il se pousse, il se tasse, il se tait.


Fictions de rue (13) : Strip book

 «  Strip book : un livre acheté, un vêtement ôté ! « 

La femme s’est installée  dans une allée souterraine. D’un côté la gare, de l’autre un centre commercial, entre les deux, un parking. L’endroit est venteux et passant. Elle dispose ses livres en trois piles, sa pancarte posée sur  celle du centre. Vingt-cinq recueils identiques, des poésies en prose qui composent une sorte de journal intime. Elle attend, debout. Un homme, un peu plus loin, est assis, la tête entre les genoux: « j’ai faim ». Elle aussi a faim, mais elle a sa fierté.

Elle a apporté vingt-cinq livres. Elle porte vingt-sept choses sur elle: deux chaussures, deux chaussettes, un jean. Un débardeur de coton blanc, sous une tunique plissée, rouge en synthétique et un blouson noir – de loin on croirait du cuir- . Un boxer bleu marine, frangé de dentelles et son soutien-gorge assorti. Total: dix vêtements. A chaque bras, cinq bracelets. Vingt. Deux bagues à chaque main, deux colliers, vingt-six. Une pince remonte ses cheveux. 

Ils achètent, elle se déshabille. Prix libre. Elle commencera par les chaussures. Puis elle ôtera le jean et les chaussettes. A moins qu’elle ne demande au client ce qu’il veut qu’elle mette à nu, ses mollets, son cou, son pied. Elle ne gardera, à la fin, comme dans le poème de Baudelaire, « que ses bijoux sonores ». Deux bagues.

Quand la police arrive, elle est en soutien-gorge. Elle récite ses poèmes devant trois adolescents hilares. Deux euros et dix-sept centimes sont éparpillés sur le sol. On l’arrête pour atteinte aux bonnes mœurs. Elle aimerait qu’au moins, ce soit pour incitation à la poésie. On lui demande de remballer sa marchandise. Elle a encore faim et en plus, maintenant,  elle a froid.

 

Paris-Cité-design-2016-(4)

 

Paris – Olivia Dobona


Fictions de rue (12) : Les dix commandements

Fictions de rue - Borondo

Un: seul

Deux: seuls

Trois: le père, le fils-père, le fils

Quatre: ans

Cinq: peluches dans un coin de la chambre

Six: heures

Sept: dimanche matin

Huit: avenue Gambetta, dans un container à ordures

Neuf: coups de couteau

Dix commandements: tu ne parleras pas, tu ne regarderas pas, tu n’entendras rien, tu ne témoigneras pas, tu honoreras ton père et le père de ton père, ta colère tu étoufferas, et l’amour aussi, tu effaceras les traces, tu laveras le sang, tu oublieras.

 

 

Paris – Borondo


Fictions de rue (11) : A la trace

Il l’aime.

Il  n’est pas pervers, il n’est pas porté sur le harcèlement, au travail, tout le monde pourrait en témoigner, ce n’est pas un voyeur. Mais c’est sa fille.

Et il l’aime.

11.Inscription sur Thierry Noir

Il veut son bien, son bonheur, le meilleur pour elle. Il veut la protéger, partout, de tout et d’abord d’elle-même, c’est bien le rôle d’un père, non ? Aider sa fille à grandir, à résister aux tentations. Un bon père est un passeur, il doit transmettre ses valeurs, comme qui dirait les transfuser à ses enfants. Il a travaillé toute sa vie, et ça, c’est un héritage. Et puis personne n’est sur terre pour s’amuser, est-ce que sa mère en a pris, du bon temps?

Qu’elle l’écoute, Laura. Il est Celui qui l’a créé, il sait, mieux qu’elle. Et il l’aime. C’est parce qu’il l’aime et ne veut que son bien qu’il sème ses petits mots sur de petits papiers partout, comme autant de cailloux blancs qui finiront bien par la ramener à la maison, sa fille.

Déjà cinq ans qu’elle a fugué, sans même passer son bac, en sautant par-dessus le mur du jardin.

 

Berlin – Thierry Noir


Fictions de rue (10) : Le Chaos

11.-Vhils---Alexandre-Farto

Dans la plus grande confusion ça se cabossait sans cesse, en bas, dans le monde sous-terrien

— en surface une fissure était apparue —

Le chaos les concassait avec fracas, les roches dures, les pierres tendres, les granits insensibles, tout y passait, s’y écorchaient tous les rocs, les crânes des cailloux s’engageaient cahin-caha dans la fente encore étroite, tandis qu’en bas, dans ses entrailles convulsives, le ventre chtonien se préparait à l’expulsion

— en surface la faille béait —

alors soudain, le front bossué d’un homme se fit jour, puis un autre

au forceps les bras ferreux de la terre dut les tirer du grand désordre guerrier

et ça cognait et ça se caillassait encore, on ne savait plus pourquoi ces coups, ces cris, ces colères, Deucalion lui-même n’osait plus regarder par-dessus son épaule.

Alors dans un grand bâillement la terre  croqua tous ces conquérants au cœur de pierre.

 

 

Paris – Vhils


Fictions de rue (9) : A la croisée des rêves

Fictions de rue - 9. ParisEn rêve il a noué pour elle des écheveaux de fleurs,  il a tissé le fil de son escarpolette, il a dansé dans son sommeil le ressac du plus doux des souvenirs.

Et elle, dans son rêve à elle, longtemps elle a tangué, balancé jusqu’à l’amnésie, jusqu’à l’étouffement, jusqu’au cri muet de la dernière aube.

Alors il a rêvé qu’il se réveillait dans son rêve à elle.

 

(Paris)

 


Fictions de rue (8) : L’oeil était etc

 

L’œil était sur nos murs et regardait Caïn.

L’œil était dans la caméra et regardait ses frères.

L’œil était partout.

Et puis un jour, il n’y eut plus rien à voir. 

 

 

fictions de rue 8- Irony et Boe

Londres – Irony+Boe


Fictions de rue (7) : Mais où?

7

– Mais alors où, où?

Il s’énerve, elle n’est jamais contente.

– Au loin, autre part, au bord d’un trou …

– … noir?

– Bleu:  au bord d’un trouble.


Fictions de rue (6) : La Grande Peur

fictions de rue 6.-Berlin--KreutzbergLes huis, les volets, les soupiraux étaient barricadés. De larges bandes de toile enduite colmataient les brèches des murs, les fenêtres, les fissures et jusqu’au moindre trou de serrure. Les chatières ne battaient plus au passage familier et frôleur des matous de maisons. Des bouchons d’étoupe et de charbon obstruaient les cheminées. On ne les ôtait que le temps d’y brûler brandons et tisons, parsemés de brindilles de pins. Les encens capitonnés rendaient l’air des maisons plus épais et plus doux que la ouate, où l’on plongeait avec une douloureuse volupté. Dans les placards, les provisions de sucre, d’eaux, de thé, de pâtes s’entassaient, attendant le jour où. On n’osait sortir de chez soi, que le temps d’une course, crécelle au vent et sur le nez, un masque à long bec noir imprégné de pastilles aseptisantes. La nuit tombée, on condamnait soi-même d’une croix sa porte, afin de tenir éloignés les voisins. Puis l’on auscultait le ciel, observant avec frayeur les étoiles, chevillées au firmament pour y dessiner en lettres incendiaires le destin des hommes. On couvrait la tête des enfants d’une toile de lin, espérant ainsi les préserver des cendres célestes, au cas où. Les hommes marmonnaient, en langue maternelle, de vaines imprécations. Seules les femmes osaient regarder en face, une fois par mois, la lune périlleuse. Ce qu’elles voyaient alors sur sa face argentive, nulle ne l’avouait, mais dans leurs pupilles effarées chacun pouvait voir avancer la silhouette d’un homme, ployant sous le fardeau d’un fagot de ronces.

C’était du temps de la Grande Peur.

Saturne forgeait ses chimères au brasier fou des pauvres hères. Misérables insensés, passions mélancoliques. L’épidémie de Peur avait fondu sur les populations comme une pluie de flèches assassines et tout glaçait l’homme d’effroy. Ce qu’il entendait, ce qu’il n’entendait pas. Ce qu’il voyait, ce qu’il croyait voir, ce qu’il ne voyait pas. Ce qu’il disait, ce qu’il entendait dire, ce qu’il ne disait pas. Le tumultueux murmure de la rumeur.

On chassait le mort. On chassait le pauvre et l’on chassait la bête. Tout pareil. Les bêtes sauvages et les mendiants étaient roulés parmi les détritus des carrières communes. Chaque jour passaient dans les rues les charrettes de charognes chaudes encore. Derrière les rideaux, en les entendant approcher, on récitait patenôtres fébriles, oraisons et versets. Contre les rats et les chats errants. Les virus et les puces. Les loups. Les mites. Les miteux. Les indigents. Les inconnus, les estrangers. Les horsains. Pour commencer.

(Berlin – Kreutzberg)


Fictions de rue (5) : Go les Egos!

fictions de rue 5. Jana und Js

— Génial ! Extraordinaire ! Le concept, n’est-ce pas, le concept ! Je reprendrais bien une coupe, s’il vous plait. La modernité, c’est le moooi, c’est évident.

Il avait longtemps hésité sur le nom à donner à cette nouvelle série de photos. Le galeriste avait proposé un titre, un éditeur avait approuvé, les deux contrats furent signés en même temps.

— Et vous avez fait ce tour du monde en combien de temps ? Huit jours ? Tant que cela ? Ah oui, bien sûr, vous avez raison, vous ne pouviez pas visiter plus de trois pays par jour, je comprends.  Et là, c’est où ? Devant la banquise ? Mais oui bien sûr, suis-je bête, on vous voit le poil un peu hérissé. Et là ? Devant le Pont des soupirs ? évidemment… cette obscure clarté  au fond de la cicatrice…

L’exposition s’intitule Tour du monde d’un ombilic. On y voit le nombril du photographe devant les plus célèbres lieux du monde, la Tour Eiffel, la muraille de Chine, la pyramide de Gizeh, dans une allée de Central Park…

— Mais elle est où, la petite sirène ? demande un enfant devant une photographie prise, selon le catalogue, à Copenhague.

— Elle est derrière le monsieur.

— Mais on ne la voit pas, insiste l’enfant. Il n’y a qu’un nombril !

— Chut ! Justement, c’est là tout l’intérêt. Ça s’appelle un selfie. C’est moderne. C’est un concept : désormais on tourne le dos à ce qu’on photographie. Tu comprendras quand tu seras grand.

 

Paris – Jana und Js


Fictions de rues (4) : L’obole

4.-Alo-GI And--Londres

Il ne parle pas. Il s’est assis par terre. À hauteur des chaussures des hommes. Il les regarde, elles portent la poussière de cette ville, plus grise que chez lui. Il a déposé sa mémoire sur les semelles des hommes et avec elles, elle est allée, au-delà des terres et des mers. Il a eu des mots dans la tête, avant, mais il ne s’en souvient plus bien. Dans sa bouche il n’a pas une langue il en a deux, trois, quatre peut-être. Dans chaque pays il lui poussait une nouvelle langue dans la bouche. À force elles se nouent et les mots ne sortent plus correctement.

Mais les arômes, ça, oui, il s’en souvient. La cannelle et le clou de girofle, on les mêlait à la pâte et au miel.

Il s’est assis par terre, à la sortie d’une boulangerie. Il sent les odeurs du pain s’échapper du soupirail, tôt le matin. Il respire le pain à peine sorti du four. Il a les yeux à terre. À hauteur des chaussures vernies. Il a le bras tendu, dans sa paume ouverte, il tient une sébile. Il ne parle pas. Les mots, il les garde sous son palais.

Parfois, un passant lui offre l’obole d’un mot dans son gobelet.

Londres – Alo

 


Fictions de rue (3 bis) : Vengeance, ah ah!

Fin alternative:

Pendant ce temps, sur la place, à peine a-t-il tourné le coin de la rue, emmené par les hommes en noir, que revient la jeune fille. Elle regarde son écran de téléphone. Elle sourit. La photo n’est pas très nette — elle l’a prise de trop loin pour qu’il ne la remarque pas — mais on le reconnait quand même, les bras levés, l’air terrorisé. On ne discerne pas la tache humide et sombre de l’entrejambe. Dommage. Œil pour œil: elle envoie l’image sur son mur facebook.

Si elle est une vraie bombe, lui, c’est un pétard mouillé.

3.bis

 


Fictions de rue (3) : Quelle bombe

Fictions de rue (3)Plus tard, il rétablira qu’il avait entendu les  motos avant de les voir. Ce rugissement féroce aurait dû l’alerter, mais l’homme n’y prête pas attention, occupé comme il est à pianoter quelque chose sur son téléphone.  ll fond le bruit  dans le marigot sonore de la rue et quand il  sent soudain physiquement sa proximité, à un frisson, un hérissement de poil, quand son corps, avant sa tête, tire l’alarme, mains moites, estomac noué, c’est trop tard. Ils sont là, ils l’entourent, leurs armes braquées sur lui.

« Tu bouges pas ! Tu fais pas un geste ! »

Il se statufie, non pour obéir mais par incapacité à réagir. Il se demande si faire pipi sur lui, ça rentre dans la catégorie « faire un geste » ou non. Il pense qu’heureusement, la fille a déjà tourné le coin de la rue, il n’aurait pas aimé qu’elle le voie comme ça. C’est là qu’il remarque les motos, couchées sur le côté. Ils n’ont pas pris le temps de les poser sur leurs béquilles.

Ils sont quatre en tout, de noir vêtus, un gilet pare-balle par-dessus une combinaison. Deux le tiennent en joue, les deux autres, armes en bandoulière, refoulent les passants sans ménagement. L’homme garde les bras en l’air, écartés l’un de l’autre.

La scène se prolonge. Les deux hommes ont entamé une lente reptation vers lui, l’œil braqué sur ses mains. Le vide s’est fait sur la place, autour d’eux. Du cercle des curieux, un peu plus loin, émergent des bras levés haut par-dessus les têtes des premiers rangs, des téléphones portables au bout des doigts. On le filme. Il espère que la fille ne tombera pas sur une de ces vidéos, c’est pourtant le plus probable. Il pense qu’il devrait sourire, se tourner de trois quarts et aussitôt se demande comment il se fait qu’il pense à de telles choses à un moment pareil. C’est qu’elle  est drôlement bien roulée, la fille, faut dire.

« Ça te fait rire ? Tu te fous de notre gueule ? »

Un des hommes l’a rejoint et se place à ses côtés, pas trop près. L’autre a le champ libre pour tirer si besoin. Ce doit être des policiers, des hommes du Raid ou d’une autre unité spéciale, l’homme n’y connait rien mais il a entendu parler de brigades d’intervention de ce style. L’autre du bout des doigts écarte les pans de sa veste, puis, rassuré, le palpe aux aisselles, à la ceinture, le long des jambes. Tout cela va maintenant très vite. Et l’homme se retrouve les mains menottées dans le dos.

Son téléphone est tombé quand on lui a saisi brutalement le bras. Quand les autres ont foncé sur lui, il était en train de publier sur les réseaux sociaux qu’il était sur le point d’emballer une fille sacrément canon. Il devait la rejoindre deux heures après et il espérait bien terminer son coup le soir même. Pas question de faire ceinture ! S’ensuivaient quelques considérations sur le tempérament visiblement explosif de la demoiselle. Ce qui promettait un beau feu d’artifice.

« Alors elle est où ? tu vas nous le dire, oui ? qu’est-ce que t’en as fait ? »

L’homme n’a pas quitté l’état de sidération dans lequel la vue des  armes de guerre l’a plongé. Il ne sait pas de quoi parlent ces hommes en noir et bredouille poliment qu’il ignore de quoi on le soupçonne.

« Et ça alors ? » rugit le troisième homme, qui a ramassé le téléphone à terre.

Sur l’écran, l’homme peut voir ses propres mots « #explosif: c’est une vraie bombe! » Deux minutes et quarante cinq secondes. C’est le temps qu’il aura fallu aux mots ceinture, explosif, bombe, coup, feu, pour être interceptés par les satellites de communication, se faire analyser et redescendre sur terre sous forme de menace, immédiatement géolocalisée, qu’il convient de neutraliser dans les plus brefs délais.

L’homme sera conduit au poste pour vérification – d’identité, d’adresse, de groupe sanguin, de numéro de sécurité sociale et de compte bancaire, d’empreintes digitales et d’ADN, de paiement des impôts et de loyer. Son répertoire, son disque dur, seront épluchés, son agenda pour savoir le nombre de fois où il a fait l’amour dans le mois et si c’était toujours avec la même personne, et son dossier médical, des fois qu’il soit contagieux de quelque chose.

(Première) fin. (A suivre)

Paris – Jef Aérosol


Fictions de rue (2) : Droit d’exil

2.Street fictions

Il a pris le droit d’exil. Il ne l’a pas demandé, il s’en est emparé.

Pour lui seul, sa femme et leur fille de seize ans ne le suivent pas sur ce chemin là.

Il a regardé autour de lui, il a écouté les radios, il a vu des images, des tas d’images. Il ne comprenait plus, les mots avaient perdu leur sens, les bogues des mots tombaient tout autour de lui, éclatées, vides. Les piquants des bogues des mots s’enfonçaient dans son crâne. Il n’y avait plus rien dedans, il n’y avait plus rien à en tirer, de ces bogues, béantes d’une surpuissante inanité, il n’y avait plus que leurs épines hérissées, qui lui tombaient dessus, lâchées de partout. Radios, télévisions, mégaphones aux portes ouvertes des hélicoptères, passeurs, passants, policiers, partout.

Alors il a pris la route, sans rien dire. Droit d’exil! Droit d’exil! Droit de se retirer, sans attendre d’être expulsé, mis au ban de ce qui le fait être, banni de lui-même, aliéné. Sa patrie serait le partir; l’exil, son asile.

Il a pris la route qui ne mène nulle part. Il a planté sa tente dans sa tête. Ici ou là, peut-être. Sa femme déciderait pour lui et leur fille de seize ans, trop rebelle dit sa mère, de quel côté ce serait du trait de cendres brunes au sol. Lui est déjà loin. Désormais, dans son crâne, il n’y a plus de lignes tracées au sol ou sur une feuille de papier, d’ailleurs il n’y a plus de papiers ni de mot ni de langue. Ici la terre est noire, là-bas elle est peut-être verte. Sous ses paupières il a laissé les couleurs exploser.

 

Paris – Bebar, Skeafo


Fictions de rue (1) : Dans le mur

On peut dire aussi Street stories: des stories mises en images par du street art ou l’inverse, du street art mis en mots En tout cas, une histoire qui s’écrira au fil de mes découvertes, dans les rues, de ces dessins qui réveillent nos murs. Nos mots. Nos morts, peut-être — ne préjugeons de rien.

Ce n’est pas  absurde, de le dire en anglais. L’art de rue est universel et les photos ont été prises en France, à Paris, à Berlin, Londres, Barcelone, Rio, Sao Paulo… Street stories, en français, fictions de rue.

Des scènes de rues, donc. Autour d’un personnage ou d’un autre. Je vais essayer d’en écrire une par jour. Je les posterai ici  de temps en temps. Un jour, une scène: c’est une bonne résolution de début d’année (j’ai déjà cinq jours à rattraper)!

J’ ai pris moi-même la plupart des photos, quelques autres m’ont été données par des proches. Merci à eux!

 

* * * * * * * *

* * *

 

1.Le point de départ, ce pourrait être lui. Je ne connais pas son nom. Je ne vois pas son visage. il porte souvent un tee-shirt marin. Il a l’air assez jeune. Une chose est sûre, c’est qu’il a manifesté très tôt un vif intérêt pour les murs. C’est là qu’il est né. Du mur. Et c’est là que régulièrement, il retourne.

(A suivre…)

Ella Balaert, 5 janvier 2016

PS. Si les artistes que j’ai photographiés et qui ne sont pas mentionnés en mots-clés désirent se faire connaître, je serai très heureuse de  préciser leurs noms.

 

 

Paris – Seth


Quelques infos d’automne 2013

  • du côté de l’ombre…

Je vous parlerai plus bas de la face visible. Pour  la face ombreuse, c’est  travail et encore travail. J’écris, je traduis, j’adapte, je réécris. Je fonce, je freine, virages et ligne droite. Montées, pentues, 75%, la phrase s’essouffle, redescente en mots libres. Je compose, je me décompose.  Je choisis, j’élis, j’élimine, toi, oui, toi ( le mot, le point, le point de vue)  non. Ah ah. J’y crois presque (à mon pouvoir sur les mots) .

Et entre deux phrases et deux textes, prendre le train, tôt le matin. Direction le Centre ou la Normandie, le Lot et le Nord. Partager les mots. Lire, faire lire, faire écrire.

 train du matin pour Rouen train du matin.. direction la Normandie…  train du matin pour orléans (4)… ou direction Orléans,  train du matin pour orléans (3) copie  voir le soleil se lever et  écrire  train du matin gare de Val de reuilgare dans la brume  P1010305gare St Lazare 6 heures moins le quart – du matin

Et maintenant,   la face visible..

  •  Mary Pirate au théâtreLa Dépêche du Midi sur Mary Pirate au théâtre

Mary pirate, mon roman sur Mary Read, paru en 2001, est adapté au théâtre et entame sa tournée par le Lot. Mary y est incarnée avec beaucoup d’énergie et de sensibilité par Hélène Poussin,Images Tout Droit Réservé dans une mise en scène de Images Tout Droit RéservéPierre Sarzacq et un décor de Cyrille Guillochon. 

Hélène, que j’avais rencontrée en 2005 lors d’une lecture-spectacle de  mon autre roman, La lettre déchirée,  aura porté sept ans ce projet!


  •  Nouvelle publication: Comme une seconde peau (nouvelle)comme une seconde peaucomme une seconde peau 60001

Vient de paraître la nouvelle Comme une seconde peau, en français et en italien, dans l’anthologie de nouvelles francophones, Naples raconte, Napoli raconta, éditée par l’Université de Naples L’Orientale  (Département de Littérature Moderne et
Contemporaine).

  • Chers petits soldats théâtraliséB.Chemin-dans-Chers-petits-

Cette  nouvelle, parue en 2001 , est à nouveau théâtralisée, cette fois par  Brigitte Chemin dans le cadre des rencontres avec l’association Tu connais la Nouvelle et le théâtre Clin d’œil de St Jean de Bray (45). Brigitte y interprète à sa façon le personnage du gamin rageur qui collectionne les soldats de plomb. Nouvelle en ligne


 


Un bel automne à tous! De mon côté, Mary pirate part en tournée…

mon roman MARY  PIRATE (Zulma) ,  adapté au théâtre  par la Compagnie des Pieds bleus (Figeac, 46)

contact:  cielespiedsbleus@gmail.com

Adaptation et Jeu: Hélène Poussin

Mise en Scène:: Pierre Sarzacq

Création lumière et Scénographie:: Cyrille Guillochon

Costumes : Béatrice Laisné

 

 

AGENDA:

Mercredi 15  mai ( 20h30), théâtre de L’Usine, Saint-Céré (46)
Jeudi 16 mai (21h),  cinéma Charles Boyer, Figeac
Octobre: Mauriac (15)
16 novembre: Saint Projet (46)
22 novembre: Lalbenque (46)
23 novembre: Gramat (46)
24 novembre: Thedirac (46)

Photos du spectacle Mary pirate  (c) Antoine Bachelet

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Résumé du roman:

Roman d’aventure et récit d’une quête identitaire.

Ce texte raconte la vie de Mary Read, flibustière, qui  vécut au début du XVIIIe siècle. Contrainte par sa mère à endosser l’identité et l’apparence d’un frère mort à sa propre naissance, Mary grandit masquée, agit en garçon, s’engage dans l’armée et combat comme un homme. Puis c’est le départ vers l’Amérique. Et la rencontre, en plein océan, avec les pirates.

Mary Read ou comment, d’un destin imposé, faire une route vers la Liberté.

Autour de Mary pirate: trois types d’interventions sont proposées par la compagnie :

Lecture Pirate :Montage de textes autour des flibustiers d’hier jusqu’aux pirates d’aujourd’hui.

Les insoumises: Lecture de différents portraits de femmes qui ont marqué l’histoire.

Ella Balaert, rencontre avec un(e) auteur(e) : Petit voyage dans l’écriture d’Ella Balaert, extraits de différents ouvrages (jeunesse et adulte).


S’il y avait, derrière une porte, toute la vérité sur vous, votre avenir, votre famille et le reste du monde, l’ouvririez-vous ?

Paru dans le recueil « Derrière la porte »: Petit roman familial  (nouvelle)
Editions Le Castor astral/Tu connais la nouvelletcn-derrière-la-porte-couv

philosophie et existence!

A titre d’exemple, voici la réponse que la jeune Lucie confie à son journal intime, dans la dernière nouvelle d’Ella Balaert :

« J’ai un peu fouillé dans les affaires de maman. Je ne l’ai pas vraiment fait exprès, au début. C’est elle qui m’a demandé de lui apporter son téléphone. Elle était dans son bain, il était dans son sac. Comme je ne le trouvais pas, j’ai renversé tout le contenu du sac sur la table. Il y avait son poudrier, un stick pour les lèvres, ses clefs de voiture, un carnet, une lettre du téléphone, des tas de vieux tickets de caisse et de reçus de carte bleue… Et puis, il y avait une petite clef plate. Dès que je l’ai vue, j’ai deviné ce qu’elle ouvrait. Dans la chambre de maman, il y a un placard, avec la porte qui grince. Un jour, l’an dernier je crois, je lui…

Voir l’article original 147 mots de plus


Bienvenue sur mon site – Nouveautés du mois: l’adaptation de Mary Pirate (Zulma) au theâtre

Mary pirate

par la Compagnie des Pieds bleus (Figeac, 46)

Adaptation et Jeu: Hélène Poussin

Mise en Scène:: Pierre Sarzacq

Création lumière et Scénographie:: Cyrille Guillochon

Costumes : Béatrice Laisné

Agenda:

Mercredi 15  mai ( 20h30), théâtre de L’Usine, Saint-Céré (46)
Jeudi 16 mai (21h),  cinéma Charles Boyer, Figeac
Octobre: Mauriac (15)
16 novembre: Saint Projet (46)
22 novembre: Lalbenque (46)
23 novembre: Gramat (46)
24 novembre: Thedirac (46)

Aventure et quête identitaire, autour de l’histoire de Mary Read, flibustière, qui  vécut au début du XVIIIe siècle. Contrainte par sa mère à endosser l’identité et l’apparence d’un frère mort à sa propre naissance, Mary grandit masquée, agit en garçon, s’engage dans l’armée et combat comme un homme. Puis c’est le départ vers l’Amérique. Et la rencontre, en plein océan, avec les pirates.

Mary Read ou comment, d’un destin imposé, faire une route vers la Liberté.

La Compagnie:

Créée en Janvier 2009 par la comédienne Hélène Poussin, la compagnie les Pieds bleus, est implantée à Figeac dans le Lot. La démarche de cette compagnie théâtrale est de créer des spectacles où comédiens, musiciens, danseurs et plasticiens se côtoient. La place du livre est essentielle pour l’équipe des Pieds Bleus. Album pour enfants,roman, nouvelle, essai ou témoignage, c’est le point de départ de chaque projet.Chaque création est accompagnée d’actions culturelles périphériques au projet (formations, rencontres, interventions…). Autour de Mary pirate: trois types d’interventions sont proposées:

Lecture Pirate :Montage de textes autour des flibustiers d’hier jusqu’aux piratesd’aujourd’hui.

Les insoumises: Lecture de différents portraits de femmes qui ont marqué l’histoire.

Ella Balaert, rencontre avec un(e) auteur(e) : Petit voyage dans l’écriture d’Ella Balaert, extraits de différents ouvrages (jeunesse et adulte).

Pour prendre contact avec la Compagnie: cielespiedsbleus@gmail.com


Galerie

Retour d’une semaine d’atelier d’écriture (histoire en images).


Ateliers

J’anime des ateliers d’écriture depuis plus d’une dizaine d’années, parfois seule, parfois en liaison avec un(e)  photographe ou  un(e) plasticien (ne). Les thèmes en  sont variés  ainsi que les participants, mais il s’agit toujours de partager le bonheur d’inventer, de raconter, de mettre les mots en nouvelles, romans, récits, textes brefs, scénettes théâtralisées… (photos en bas de la page)

Compte-rendu de ces expériences en ateliers ici: http://www.inventoire.com/ateliers-decriture-une-histoire-de-liberte-par-ella-Balaert/

N’hésitez pas à descendre en bas de cette page pour voir les images et photos de ces ateliers!

L'Inventoire

Les personnes et structures  éventuellement intéressées peuvent me contacter (onglet « contact ») directement.

La Maison des Ecrivains et de la Littérature (MEL) propose aussi un Programme national unique de rencontres ponctuelles d’écrivains en milieu scolaire,  L’Ami littéraire, qui peut aider les structures d’accueil à financer les rencontres : Contact : Sophie Abellan ami.litteraire@maison-des-ecrivains.asso.fr

Ces ateliers se sont déroulés dans des cadres très divers,  en milieu scolaire, en bibliothèques municipales pour tout public, en lien avec des associations culturelles ou  à l’occasion de résidences :

  • 2015 : Résidence à la Médiathèque Départementale de l’Oise : huit bibliothèques participantes sur le thème « Mémoire de la femme ouvrière dans le département », lecture des textes et projection de photos au Musée de la nacre et de la tabletterie de Méru en novembre 2015. Une partie des textes en ligne sur le site de l’e-musée de l’objet.
  • 2009-2010 : Résidence Patrimoine à Verneuil sur Avre (27) : animation d’ateliers d’écriture dans les établissements scolaires de la ville,  valorisant  différents aspects du patrimoine vernolien. Ont été produits: deux romans collectifs, un recueil de nouvelles, un autre de poèmes, un livre-jeu interactif,  des scènes de théâtre se déroulant sur les différentes places de la ville, un ensemble de chroniques vernoliennes après entretien et interview de deux anciens responsables municipaux… L’ensemble des travaux a été exposé au centre culturel de la ville en fin d’année, publié en plaquettes et a donné lieu à l’enregistrement d’une émission radio.
  • 2008-2009 :  Résidence d’écriture accordée par le Conseil Général de L’Oise: écriture d’un roman se passant dans le département (Sylvain, paru à l’issue de la résidence aux éditions Encrage) et encadrement d’ateliers d’écriture auprès de jeunes enfants sur le thème du merveilleux: travaux exposés lors du salon du livre de Thourotte..

Animation de stages (15 jours) :

  •  mai 2012 : à Airaines (80)  auprès de l’association AtoutLire de lutte contre l’illettrisme. Les travaux écrits par les jeunes (de l’association et du centre aéré)  ont donné lieu à une émouvante séance de lecture / projection publique en présence de la presse locale— et à la publication d’une plaquette.
  •  novembre 2012 : à St Jean de Braye (45) auprès de l ‘association « Tu connais la nouvelle » pour animer des ateliers d’écriture intergénérationnels (juniors des centres aérés et séniors d’une maison de retraite). Les écrits ont été rassemblés et publiés au sein d’une plaquette co-éditée par l’association et la ville: « Les images parlent ».
  •  avril 2013 : à St Jean de Braye autour d’un projet d’Arbre à palabres: animation de trois ateliers d’écriture  en milieu scolaire et en milieu associatif. L’ensemble des palabres a donné lieu à une représentation théâtrale (comédiens professionnels du théâtre Clin d’œil) et à une co-édition en plaquette par l’association Tu connais la nouvelle et la ville de St Jean de Braye.

En liens (surlignés en bleu) : quelques comptes rendus de ces ateliers, que j’ai écrits pour la Maison des Écrivains ou la Charte des Auteurs jeunesse.

Nouvelles  sur un thème 

  • Histoires de lettres : St Jean de Braye, Association Tu connais la Nouvelle, 2 groupes d’adultes
  • Histoires de marins :  de Cook à La Pérouse, recueil de récits au collège Ste Catherine de Villeneuve sur Lot
  • Mystères au familistère, recueil de récits, Rivery
  • Papiers, nouvelles, classes en collège d’Orléans
  • Masques du monde, monde des masques, école d’Ozoir la Ferrières, classes d’Angélique Gautherie et Magali Seguin, textes et land art (avec animateurs spécifiques)
  • Derrière la porte, école de St Jen de Braye – textes à théâtraliser
  • Derrière la porte, Bourges et Orléans – nouvelles
  • Le jeu, CFA coiffure de Montargis et lycées d’orléans, avec Tu connais la nouvelle  et le théâtre Clin d’oeil
  • La peau, Orléans et St Jean de Bray, collèges, avec Tu connais la nouvelle  et le théâtre Clin d’oeil
  • Confidences, Orléans, lycée – avec l’association Tu connais la nouvelle  et le théâtre Clin d’oeil
  • L’autre,  Orléans, collège et lycée – avec l’association Tu connais la nouvelle  et le théâtre Clin d’oeil
  • Le fil, Briare et Orléans, collèges, avec l’association Tu connais la nouvelle  et le théâtre Clin d’oeil
  • J’ai dix ans, Cléry et Orléans, collèges, avec Tu connais la nouvelle  et le théâtre Clin d’oeil
  • Petits secrets et grands mystères, Neufchâtel en Braye, lycée professionnel
  • Science-fiction, Lamorlaye, collège
  • La terre à l’envers: Margny les Compiègne, collège
  •  Loups-garous, Thourotte, école primaire
  • Ombres, Nogent, école primaire
  • Abbeville, avec le centre aéré, avec l’aide de Nathalie Villenet, de la bibliothèque municipale
  • Commencer/finir, Tergnier, collège
  • Couleurs,  lycée de Verneuil
  • Le claps dans tous ses états, primaire, Luc en Diois, classe Bérénice Petitdemange
  • Masques, Airaines, avec l’association Atoutlire et le centre aéré dans le cadre d’une résidence
  • L’arbre à palabres: trois groupes, des jeunes aux moins jeunes, avec Tu Connais la Nouvelle à St Jean de Braye
  • Voyage d’Uysse, dans une classe Ulis avec l’association Cardan d’Amiens.

Romans collectifs

  • Bafouilles, Roman épistolaire, Luçon, école primaire
  • L’arbre magique (album), Mortefontaine, école primaire
  • Le Tour de ville de deux enfants, Bonsecours, école primaire
  • Des cartes au livre, Gouvieux, collège
  • Lux, dans le cadre de l’opération Oeuvre en cours de la MEL, Champigny, lycée professionnel
  • Secrets de famille, Verneuil sur Avre, lycée, classe de Cyril Jean
  • Le mystère du sablier, roman fantastique, Verneuil sur Avre, collège, classe de Françoise Edet-Venturini
  • Meurtre au jardin botanique, Polar, Méru, collège
  • Tobby,  Tergnier, collège, classe de Catherine Teyssedoux
  • Coup de théâtre impérial, Compiègne, collège
  • Le voyage de Jacquou, Senlis, école primaire
  • Roman historique dans la Rome antique, Lamorlaye, collège

Textes et photos / textes et peintures

  • « Faisons parler les images« , ateliers intergénérationnels (centre aéré/maison de retraite) à Saint Jean de Braye

  • Les mots en ville: micro-fictions, lycée Blaise Pascal de Sotteville avec la photographe Barbara Pellerin (partenariat Drac et rectorat de Haute-Normandie)
  • Le corps empêché, lycée, Le Havre, avec la photographe Agnès des Ligneris, classe de Catherine Hemery-Bernet
  • Le béton, lycée professionnel, Le Havre, avec le photographe Roger Legrand, classe de Sophie Delamare
  • Le vengeance sera terrible, monsieur le maire, Roman – photo, Vernon dans le cadre de Voyage en ville (
  • DRAC, rectorat Haute Normandie)
  • Albums composés à partir de reproductions de peintures, dans les trois classes de maternelle de Trosly-Breuil, dir. Dominique  Mauvais: La nuit de Frédéric, En voyage, Papy!  Nuit terrible et boule de gomme.
  • Rencontre: théatralisation de textes écrits à partir de rencontres avec les gens du quartier, Sotteville, totems photographiques d’Isabelle Lebon, école primaire
  • Une enquête pas si bête, Polar, Rouen, école primaire avec la photographe Isabelle Lebon
  • le bleu, Sotteville, collège, avec le photographe Olivier Aubry
  • La Pacific 231, récits autour de cette légendaire locomotive, Sotteville, avec le photographe Olivier Aubry
  • Le corps, postures et événements, Chantilly, lycée, avec les photographes Denis Darzacq et Nicolas Havette
  • Images de soi, école primaire, avec la photographe Jenny Feray
  • Poses, récits à partir de peintures du XVIIIè siècle, Beauvais, collège, photographe Fred Boucher
  • Mémoire de la ville, Le havre, lycée professionnel, avec le photographe Guillaume Valve, classe de Guislaine Papadopoulos
  • Monuments et patrimoine, primaire, Classe de Sylvie, Verneuil ( Poésies)
  • L’industrie dans l’architecture rouennaise, Saga d’une famille d’industriels, Yvetot
  • Peintures, Airaines, avec l’association Atoutlire et le centre aéré

Autres textes

  • Contes voyageurs, texte écrit avec les enfants du voyage du marais Malicorne (Abbeville) dans le cadre de Leitura Furiosa (Amiens)
  • Dans le même cadre,  avec d’autres jeunes, d’autres années : La vraie vie, Je ne suis (d’après Big Flo et Oli http://www.assocardan.org/?p=6391 ), L’important c’est de participer, textes disponibles ici
  • Au cœur des Arts, atelier adulte  à la bibliothèque Mohammed Arkoun (ex Mouffetard), Paris
  • 3 ateliers enfants dans le Lot et Garonne avec la BDP d’Agen (Des Rives et des voix): Un dimanche à la foire, Carnets de Voyage, théâtre et photos (à Duras, Pardaillan, St Hilaire).
  • Des Rives et des voix dans le Lot et Garonne :  ateliers à Fumel (Segpa: écriture d’un chapitre supplémentaire des Voiles de la Liberté), Marmande (collège), Villeneuve sur lot.
  • Formation à l’atelier d’écriture, deux demi-journées d’écriture à destination d’enseignants (St Jean de Braye)
  • Jeux d’écriture à la médiathèque de  Breuillet, avec des groupes de sympathiques adultes volontaires !
  • Traces, Signes et empreintes, Tergnier, collège
  • Les mots dans la ville (textes pour un podcast), Le Havre, école primaire, voir le projet de Stéphane Tihy ici, et , avec Sylvaine Branellec, photographe et Olivia Jue, architecte
  • Passé, passages, Le Havre, école primaire
  • Herbiers thématiques, Maromme, Lycée
  • Bestiaire fantastique, école primaire – CP et CM2
  • Variations autour du « bonhomme de pierre » de la cathédrale de Louviers, école primaire
  • Fables animalières, Orléans, Théatre clin d’oeil
  • Jeux oulipiens sur les couleurs, Tergnier, collège
  • Le mur, Verneuil sur Avre, atelier-formation (adultes)
  • Ma ville insolite, Gonfreville l’orcher, école primaire
  • Chroniques jounalistiques des années 30, en lycée de Verneuil
  • Carnet du randonneur en école primaire à Roncherolles
  • Les places dans la ville (scénettes théâtralisées), primaire
  • Curieuses bêtes au centre, CM2, Luc-en-Diois (classe Magali Seguin)
  • Livre-jeu, La couronne protectrice, Verneuil sur Avre, école primaire, résultat consultable sur Les Fruits du Savoir (Didapages)
  • Écritures sous contraintes, Écritures en reliefs, classes de 6ème, Paris – Luc-en-Diois

L’avis d’A.C. Tessier, dans Les livres de George et moi

Anne-Claire Tessier, auteur du blog de lecture Leslivresdegeorgeetmoi, et spécialiste de Sand (en thèse sur cet auteur) :

18, 2012 by

« Tout a commencé par un mail reçu, puis d’autres entre Ella Balaert et moi, des mails autour de George Sand, autour d’un roman achevé et qui allait paraître sur George Sand et Nohant, comme le titre l’indique. Et puis, plusieurs semaines après, j’ai reçu une enveloppe avec le livre à l’intérieur et une belle dédicace de l’auteur. Mais vous me connaissez, on ne m’a pas si facilement, avec moi, il faut faire ses preuves, et sans doute encore plus quand on me parle de George Sand. Cette après-midi, la maison était miraculeusement silencieuse malgré la présence des enfants, il pleuvait, il faisait froid, je me suis fait une tisane au miel pour adoucir ma gorge, me suis calée dans le canapé du salon et j’ai lu, et une heure plus tard, je refermais le livre achevé.

Il s’est passé cette chose étrange, cette impression que ces lignes lues, j’aurais pu les écrire tant elles correspondent exactement à ma vision de Sand, tant Ella Balaert a tout compris. Mais je n’aurais sans doute pas eu cette capacité à faire revivre Sand, Nohant, aussi bien. Une fois encore, comme ce fut le cas pour Blonde concernant Marilyn, le roman surpasse le biographique.

Un soir, une visiteuse se laisse enfermer dans le parc de Nohant. La nuit tombée, dans une atmosphère un peu magique, Balandard, marionnette créée par le fils de Sand, prend apparence humaine, en même temps que George Sand émerge de sa tombe. Durant toute une nuit, la marionnette va emmener la visiteuse, et Sand à leur suite, dans toutes les pièces de la demeure, et évoquer les souvenirs enfermés entre ses murs dans un ordre chronologique.

Alors oui, un peu comme pour le Titanic, je connaissais déjà tout ce qui a été évoqué, mais c’est là la prouesse de Balaert, même si on connaît l’histoire on la lit avec plaisir, car au-delà des faits racontés, des anecdotes, c’est la façon dont tout cela est dit, c’est la capacité à avoir compris et rendu ce que chaque évènement peut signifier sans tomber dans les lieux communs, qui est passionnant. Le roman s’apparente par moment au théâtre, au rêve et j’ai particulièrement aimé ces pages où l’auteur évoque toutes les personnes croisées dans le salon de Sand au fil des années.

Sand est là, vivante, on la sent, on l’entend, et le fait de reprendre en italique des extraits de sa correspondance ou de son autobiographie la rend encore plus présente. On entend son accent berrichon, sa liberté de ton, ses accents autoritaires. J’en avais des frissons.

Quant à Nohant, là encore l’évocation est parfaite, et j’ai revécu mes visites passées et déjà trop lointaines, je me suis revue dans le petit cimetière, devant le placard, dans la cuisine. Là aussi, Nohant est vivant, bruissant, les domestiques vont et viennent, les chiens nous passent entre les jambes.

Ce n’est pas une maison, Nohant. C’est un mythe. Une fiction. Un roman de plus à mettre à ton actif. C’est un lieu, et c’est un non-lieu : une utopie. L’Utopie sandienne. (p.75)

Ella Balaert a tout compris, c’est magistral. Elle nous donne le vrai visage de Sand, du moins celui sous lequel je l’imagine, mais ce n’est pas non plus une hagiographie et le personnage de Balandard est là aussi pour mettre l’accent sur les travers de Sand, même si cela énerve la romancière. Car ce roman n’est pas mièvre et doucereusement élogieux, il est souvent drôle, piquant, tout en étant sensible et intelligent.

Je pourrais encore continuer longtemps à vous parler de ce livre qui est une parfaite introduction à l’oeuvre de Sand. Tout y est et bien plus encore, et même l’épisode des confitures est traité avec humour. C’est une vraie réussite, c’est jouissif, oui je n’ai pas peur du terme car pendant une heure j’ai vraiment eu l’impression de rencontrer Sand, de me promener à Nohant à ses côtés et de la découvrir telle qu’elle devait être.

Il faut lire ce livre, et le faire lire car il dépoussière les lieux communs, il montre une George Sand moderne et vraie, rompt cette image idiote de Bonne dame de Nohant.

Ella Balaert a un site que vous pouvez également visiter pour en savoir plus sur elle et son oeuvre ».

Pour lire les commentaires et découvrir le riche blog d’AC Tessier, cliquer ici